Photo: François Gaillard

 

Alain Turban est un chanteur passionné et passionnant, véritable amoureux de son village en plein cœur de Paris, Alain est aussi écrivain notamment, un artiste multi casquettes qui aime ce qu’il fait et qui croque la vie à pleine dent !

 

Photo: Jacques Habas

 

Pouvez-vous nous présenter l’album Poulbot et nous en dire plus sur la comédie musicale La Légende de Montmartre ?

 

L’album Poulbot est un album concept sur Montmartre issu d’une idée qui m’est venue en 2007, je n’étais pas en panne d’inspiration mais je cherchais à faire un enregistrement à thème après avoir composé des tas de chansons, puisque j’ai la chance d’être né sur la butte Montmartre et d’y avoir passé 20 années de ma vie, j’ai voulu faire un album sur ce lieux mythique de Paris, un album concept sur mon village avec des titres originaux et non des reprises.

En 2013, le spectacle La Légende de Montmartre est monté à l’Olympia, et j’ai même réussi l’exploit de faire monter Michou et ses Michettes pour la 1ère sur la scène de cette salle fabuleuse pour clôturer le spectacle.

Le spectacle continue à vivre puisque nous avons joué récemment à Chelles et nous partons donner deux concerts exceptionnels à Prague, c’est un honneur de faire connaitre Montmartre à ma façon et aussi loin.

 

Si je vous demandais de me raconter brièvement votre Paris, que me diriez-vous ? Paris d’antan ou Paris présent.

Je vous dirais tout d’abord que je me sens l’âme d’un paysan de Paris, un doux mélange entre valeurs rurales et culture urbaine, je suis attaché au Paris d’antan qui reste ancré dans mon présent. Le Paris de mon enfance a bien changé c’est une évidence, mais Montmartre est assez préservé, c’est un quartier difficile à démolir, on ne verra jamais des hlm au pied du Sacré Cœur. Montmartre est à part, c’est un esprit village.

 

Quel regard avez-vous sur votre carrière de chanteur ?

Celui d’un homme qui se bat dans une carrière en dents de scie, j’ai changé plusieurs fois de répertoire, j’aime à dire que je vis ma vie artistique comme le ferait un peintre, j’ai des périodes ; il y a eut les succès Disco où je chantais sous le pseudo d’Allain comme 4ème dimension ou Santa Monica, j’étais un chanteur dit à minettes du style Claude François entre 1978-1980, j’ai eu cette chance de percer grâce à ce style.

Malgré le succès, je ne trouvais pas totalement ma place, j’ai changé de style vers 1984 ; je suis revenu sur le devant de la scène avec un titre composé par Didier Barbelivien, On s’écrivait Annie.

Et puis il y a eût un virage à 300 degrés lorsque j’ai crée ma société de production Pony Musique en 1987, cela correspond à la période où est sorti mon titre Mystique.

Depuis toutes ces années mon répertoire est devenu plus complet plus riche jusqu’à l’album concept.

 

Quelles sont vos sources d’inspiration ?

Je ne suis pas un chanteur de chansons d’amour, je suis très éclectique en revanche, je peux être inspiré par la littérature comme sur le titre Jean d’ici Jean d’ailleurs dans lequel je rendais hommage à Jean Marais et Jean Cocteau, il y a également une place importante dans le spectacle par exemple pour le cirque, dans mes compositions on retrouve également le côté mystique (de l’autre côté de la vie) et bien sûr Montmartre.

J’ai composé récemment un titre La Caverne du Pont d’Arc sur l’ouverture prochaine des Grottes Chauvet en Ardèche, le site comporte un millier de peintures et de gravures vieilles de près de 35 000 ans.

 

Vous avez écrit le livre Un taxi dans les étoiles, c’est une œuvre autobiographie me semble-t-il ?

C’est un roman totalement autobiographique en effet publié chez Grrr Art, j’y raconte mon expérience de chauffeur de taxi de nuit à Paris, métier que j’ai exercé durant 5 ans et lors duquel j’ai pu approcher des artistes comme Johnny, Polnareff ou Nougaro…J’étais attiré par le monde du spectacle, j’allais me poster dans des lieux stratégiques où je rencontrais des gens de la télévision et de la musique. Vous retrouvez d’ailleurs le titre Un taxi dans les étoiles sur l’album Poulbot.

 

Photo: Yann Roulet

 

L’année 2015 semble déjà bien chargée, quels sont vos projets à venir ?

Tout d’abord l’écriture d’un livre de l’époque d’après le taxi à aujourd’hui, j’ai plusieurs titres provisoires Enchanté en chanteur ou de l’autre côté de la vie pour le côté mystique, cela sera un gros ouvrage d’environ 400 pages retraçant la période 1978 à nos jours, vous y retrouverez mes années de succès, apprendrez comment j’y suis arrivé et plein d’autres choses encore…

Il y aura des concerts, ceux à Prague, et cet été dans le Sud en Ardèche et près de Lyon.

Je commence également à préparer un Olympia mais d’ici 1 an et demi à peu près.

 

Vous entretenez une belle amitié avec Michou, véritable icône des nuits Parisiennes, si vous aviez à définir Michou en un mot quel serait-il ? Pouvez-vous nous parler un peu de lui ?

Michou est un homme comme on n’en fait plus, il est parti de rien d’Amiens, il est arrivé à Paris il y a presque 60 ans, il a monté un cabaret où les hommes s’habillaient en filles dans un monde de voyous, de mafia, c’était gonflé quand même de sa part, il a sût de suite se faire aimer de tout le monde. Il fait parti de ces hommes qui vont laisser une empreinte indélébile sur la butte Montmartre, la référence avant Michou c’était il y a 100 ans et c’était Aristide Bruant.

 

Notre Tradition sur Influence est de laisser le mot de la fin à notre invité

Sans vouloir paraitre moralisateur ou donneur de leçons, je dirais que nous sommes en train de vivre une époque charnière où beaucoup de repères tombent, où l’humain prend de moins en moins de place dans la société, la vie prend un côté artificiel, on se like, on se facebooke, on s’internaute les uns les autres, on devient voyeur dans un monde où les vrais sentiments sont en perte de vitesse.Notre monde bouge de façon étrange, je pense que tout part hélas a volo et qu’il y a de moins en moins de capitaine sur le bateau et qu’on est tous lâchés en pleine mer, en pleine merde…

 

Photo: Jacques Habas