Yvette Leglaire est une star, une diva, une icône, les décennies n’ont pas de prise sur elle, l’artiste a répondu à nos questions avec beaucoup d’humour, de charme et nous a fait passer un délicieux moment ! Nous avons eu beaucoup de mal à garder notre sérieux !

 

 

Comment est née Yvette Leglaire ? Quelle est son histoire ?

Yvette Leglaire est née comme tout le monde il y a très longtemps dans une rose un peu fanée, on aurait presque dit un chou.

On peut dire que j’ai eu une carrière en dents de scie, une carrière très discrète pendant des décennies et des décennies et puis d’un seul coup on m’a demandée pour un spectacle de parodie du grand concours de l’Eurovision, L’Eurovartovision, c’est un spectacle très amusant où des artistes reprennent des chansons qui ont participé au concours de l’ Eurovision, devant un jury, je suis revenue sur scène à La Cigale en 2002, je ne pensais pas qu’un jour je rechanterais et devant l’intérêt suscité par mon retour j’ai repris la route et les planches.

J’ai rencontré mon pianiste et j’ai remonté un tour de chant, je ne l’avais pas fait depuis si longtemps, nous avons joué dans des petites salles à Paris, au Festival d’Avignon en 2005 jusqu’à mon arrivée au Point Virgule en 2006 en même temps que le spectacle d’Edouard Baer La Folle et Véritable Vie De Luigi Prizzoti, à La Cigale pendant deux fois un mois, aux Folies Bergère et en tournée.

On peut dire que l’année 2006 a été le revival d’Yvette Leglaire.

Quelque mois plus tard, ma carrière était définitivement relancée avec l’émission La France A Un Incroyable Talent.

 

Comment êtes-vous arrivée dans le métier ?

J’ai tout essayé théâtre, chanson, porno au temps du cinéma muet, je suis née vieille un peu comme l’actrice Denise Grey, je suis comme Benjamin Button sauf que moi je n’ai jamais rajeunie.

 

 

Comment expliquez-vous la longévité de votre spectacle au Point Virgule, 10 ans déjà ?

Quand je suis arrivée au Point Virgule en 2006 on m’a proposé le dimanche soir à 22h30, je me suis dit que c’était intéressant de recréer un rendez-vous d’amour régulier avec le public un peu en hommage à Barbara qui était la chanteuse de Minuit à L’Ecluse ; je voulais un horaire difficile pour être sûre que le public ait envie de venir me voir moi et puis ça me permettait d’aller en province, de faire des théâtres en régions ; je voulais aller à la rencontre du public pour que ce ne soit pas à sens unique, que ce ne soit pas toujours lui qui se déplace.

Quand l’émission m’a fait décoller je me suis dit que les artistes découverts par la télé risquaient d’être oubliés aussi rapidement qu’ils étaient devenus connus, que c’était une notoriété de courte durée et que les artistes devaient prendre le temps de fidéliser leur public, il faut savoir leur consacrer du temps.

Ça m’a permis de faire évoluer le spectacle, de changer des chansons, changer des textes, le public pouvait revenir régulièrement il ne voyait pas le même spectacle, aucun dimanche n’a été pareil, le public n’est pas le même, il n’est pas le même nombre, il n’a pas la même humeur, il y a toujours des choses nouvelles, des actualités.

C’est quelque chose qui a toujours existé avant, les grands artistes créaient une fidélité avec leur public en leur donnant rendez-vous régulièrement, les chanteurs donnaient rendez-vous tous les 2-3 ans, alors que maintenant il faut le faire tout le temps pour exister sinon les gens vous oublient très vite.

Le fait de le faire le dimanche soir, dans une petite structure d’une centaine de places, ça a permis également d’étaler le public sur plusieurs mois ou années, j’ai besoin de voir mon public, d’être avec lui, j’aurais été malheureuse si j’avais fait tout de suite 1000 places.

J’ai fêté mes 6 ans en faisant Bobino le 6 novembre 2011, il y avait 800 personnes, j’ai passé une soirée fabuleuse mais j’ai regretté de ne pas tous les voir, je ne suis pas encore prête à faire Bercy mais bon on ne me l’a pas encore proposée.

 

 

Qui vous accompagne sur scène ?

Au départ de la création du récital, j’ai eu la chance de rencontrer mon pianiste Bertrand Ravalard qui m’est fidèle depuis 12 ans maintenant, il était jeune et beau à l’époque, il n’est plus aussi jeune mais toujours aussi beau, nous avons démarré un spectacle piano-voix, ce qui me permettait aussi d’aller en province pour faire des spectacles avec lui ou sur bandes son.

Je peux m’adapter en toutes circonstances : je fais des mariages, des anniversaires, des revues, de l’animation dans des bars, je fais parfois des enterrements mais c’est difficile de les prévoir à l’avance.

Il y a 2 ans à l’été 2003, j’ai eu envie de faire un spectacle beaucoup plus dance pour plaire au public de djeuns qui venait me découvrir et qui peut-être avait envie de quelque chose de plus moderne, j’ai remixé des chansons, j’ai eu mes premières créations, j’avais un peu senti ce virus de la dance quand j’ai fait mon Bobino,j’avais 6 danseurs et j’avais interprété une chanson originale que m’avait offert Ysa Ferrer, on avait remixé avec l’équipe d’Ysa : Les Petits Papiers et aussi Poupée de Cire, Poupée de Son.

Pour voir quel serait l’accueil du public et parce qu’il fallait bien démarrer avec un premier single, j’ai crée en 2013 ma célèbre Leglaire Dance et nous avons fait un spectacle d’été où l’on transformait le Point Virgule en boite de nuit avec tout ce qui peut arriver dans une boite de nuit, il y avait un slow, les gens venaient danser sur la scène, c’était très sympa et original ! J’ai engagé un danseur, Philippe Benamou, merveilleux, qui tourne avec moi depuis 2 ans ; à la différence du pianiste avec lequel il y a une histoire de séduction, là c’est plutôt une relation avec un danseur à priori d’un autre bord qui se rapproche de moi parce que les gays aiment les divas et il voudrait même m’épouser car je suis un peu sa mère, sa sœur, sa tante et néanmoins la femme de sa vie.

10 ans de spectacle au Point Virgule ce n’est pas rien alors j’ai eût l’idée de faire ce spectacle dance en alternance avec le tour de chant piano-voix en accord avec la salle ; j’ajouterais que l’entente entre le pianiste et le danseur est très bonne.

Ce spectacle me rapproche des grands spectacles que j’ai adoré comme Dalida au Palais des Sports ou Sylvie Vartan avec un petit côté show à l’Américaine, c’est un mélange entre la chanteuse réaliste, la danse, la présence du danseur, le pianiste, les lumières, les lasers, de la fumée, des machines à bulles…C’est un vrai show où se passe beaucoup de choses, les gens sont heureux et finissent par danser.

J’espère que ce spectacle va tourner encore longtemps !

 

Diriez-vous que vous êtes une diva burlesque, une véritable icône Gay ?

Une diva, oui, je suis un peu une maxi tête de Barbara, Zizi Jeanmaire, Edith Piaf etJuliette Gréco, vous voyez un peu le mélange ! Et burlesque parce que je n’ai pas leur talent, chacune a son propre talent, son univers, Barbara c’est une présenceet des chansons magnifiques, Juliette Gréco c’est une voix particulière, Zizi Jeanmaire c’est la danse, Edith Piaf c’est une grande voix.Toutes ont tellement de présence, d’émotion et de talent.

Je me suis beaucoup inspirée de ces femmes que j’ai aimées tout en ayant une voix assez particulière, un physique assez particulier mais je pense être une diva car je leur rends hommage avec beaucoup d’humour et sans prétention, je suis un clone de ces femmes et un clown burlesque !

Mon public est très friand de ces grandes dames et il les retrouve un peu en moi, si parfois j’arrive ; notamment chez les jeunes ; à ce que certains écoutent les vraies versions des chansons, les vraies paroles, les vraies orchestrations, les vraies voix alors là je pense que j’aurais gagné mon pari.

C’est un peu comme les travestis qui travaillent sur les ressemblances sauf que moi je suis une vraie femme, qui ne ressemble à rien…

 

 

Vous êtes également jusqu’à la fin du mois encore au théâtre Trévise dans la pièce Quand les belles-mères s’invitent ; Pouvez-vous nous présenter la pièce ?

Comme je ne chante que le dimanche soir au Point Virgule, j’ai le temps de faire autre chose et j’ai toujours aimé faire du théâtre et j’avais très envie aussi de montrer d’autres facettes de moi.

J’ai la chance de co-écrire cette pièce et de la jouer, mon personnage s’appelle Claudine Maircier, c’est une fausse chanteuse qui aurait gagné l’Eurovision en 1963, j’ai un fils, j’ai un gendre, c’est amusant de jouer une autre histoire, il y a une autre belle-mère, il y a plein d’histoires rocambolesques.

On peut se permettre beaucoup plus de choses au théâtre.

Dans la chanson, on est soi, on doit éviter la vulgarité, on ne pas tout dire, on a une certaine classe, on a une image à garder, quand on joue un rôle on peut tout se permettre, Claudine Maircier ne vient pas d’un milieu extrêmement évolué, elle arrive par exemple en disant « il fait chaud, j’ai le pâté qui colle à la boite » moi Yvette Leglaire je ne pourrais pas le dire.

C’est intéressant de s’ouvrir vers d’autres choses.

On a cette chance que la pièce se joue depuis plus d’un an et on y retrouve une chanson que j’ai écrite et qui fait très Eurovision 1963.

J’espère faire une autre pièce, il y a tellement de choses que je voudrais encore faire !

 

Pouvez-vous nous présenter votre partenaire Martine Superstar ?

Martine est une autre comédienne qui endosse le rôle de Grâce De Chambourcy, elle a le rôle d’une bourgeoise qui habiterait sur le rocher de Monaco, c’est une rencontre un peu improbable entre deux femmes de milieux complètement différents qui ont toutes les deux des fils qui vont décider de se marier, c’est un véritable branle-bas de combat, on ne sait pas qui est la plus mauvaise des deux car Grâce veut tout faire pour que son fils ne se marie pas et Claudine est prête à tout pour récupérer de l’argent car elle est ruinée ; le bonheur et l’amour triompheront quand même malgré tout un tas d’histoires !

 

Yvette au cinéma, ça serait dans quel genre de films ? Avez-vous déjà eu des propositions ?

J’ai fait beaucoup de porno, c’est un peu particulier, on donne beaucoup de sa personne !

Le cinéma, je ne suis pas sûre d’avoir très envie, j’ai fait quelques court-métrages pour des écoles car ça me faisait plaisir mais je n’aime pas ce qui est figé, un spectacle ou une pièce de théâtre c’est toujours différent, j’aime vivre et être avec le public, je ne suis pas sûre de l’image.

Après ça peut paraitre un peu contradictoire mais cette année j’ai décidé de faire un vrai album, un disque c’est un peu comme le cinéma c’est figé mais c’est un peu différent car chacun en fait ce qu’il veut !

Le disque c’est une histoire d’amour, vous l’achetez car vous aimez quelqu’un et puis ça sera des chansons qui vont grandir, continuer à vivre, car je les chanterai sur scène.

 

Justement, ma dernière question était : Travaillez-vous sur un nouvel album actuellement ou un nouveau spectacle ?

Alors oui, ce sera mon premier album car avant je n’avais sorti qu’un single avec 3 titres où il y avait la Leglaire Dance, le titre offert par Ysa Ferrer qui s’intitule J’ai des Extrasystoles et la chanson que l’on retrouve dans la pièce Au Gré du Vent version 63 et version remix.

Je me suis dit que cette année il était temps que je fasse un vrai album avec 2 faces, c’est un cd attention ce n’est pas un vinyle mais il y aura 2 faces, des choses un peu provocantes, il faut que je sois un peu provocatrice sinon personne ne s’intéressera à moi donc avec des thèmes plus osés mais tout en restant dans le ludique l’amusement, et puis il y aura des chansons plus Leglairiennes dans le sens vieilles chansons avec des choses que j’ai à dire, des belles chansons, des balades…

Je ne compose pas les musiques mais parfois j’ai des petites idées musicales donc j’en parle à Daniel Castano, merveilleux compositeur et arrangeur, qui les compose, les musiques donneront le ton des chansons finalement.

Quand la pièce des belles mères va s’arrêter, je vais vraiment me mettre à l’écriture de mes chansons.

Suite à cet album, je préparerais un nouveau spectacle pour 2016, après le Best Of.

 

La tradition sur Influence est de laisser le mot de la fin à notre invité…

Je vais en profiter alors afin de m’exprimer à propos de Facebook, je ne comprends pas que l’on puisse supprimer le profil d’artistes sous prétexte d’une vérification d’identité, on est de plus en plus dans un monde où l’on ne sait plus quoi faire quand ça ne fonctionne plus, nous ne nous appartenons même plus finalement, on ne peut plus décider soi-même, on a besoin paradoxalement de ces réseaux sociaux pour continuer à se faire connaitre, dialoguer, ça fait toujours un peu peur quand ça ne fonctionne plus.