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blackswan

 

Le film était attendu et pour cause !Le dernier film de Darren Aronofsky était le fameux « The westler », film sur le catch qui avait remis en selle l’acteur Mickey Rourke (remportant au passage un Golden Globe) .N’oublions pas aussi que ses précédents films ont toujours provoqués des sensations multiples et variées :de la joie intense au dégout  avec des films comme « The fountain »ou« Requiem for a dream » qui ont toujours brillés par des effets de mise en scène novateurs .

« The black swan » arrive des Etats Unis  avec un vent de triomphe puisque le petit budget de 13 millions de dollars a été remboursé largement avec des recettes de  97 millions de dollars .Les critiques en France sont dithyrambiques , il ne restait plus qu’à découvrir le regard du public. Pour ma part ,tant d’ondes positives me poussèrent à m’y rendre malgré le fait que le milieu de la danse classique est quand même un monde totalement inconnu et pas vraiment intéressant à mes yeux…Pourtant , j ai adhéré au film dès le début !

On y voit une danseuse s’entrainer sur une scène prise au piège d’un être représentant le mal qui finira par s’unir de force à  la danseuse . L’image granuleuse et les gros plans sont les choix stylistiques de Darren. Tout le film sera centré sur ce visage et sur ses yeux poignants et émouvants qui vous resteront en mémoire bien plus longtemps que le temps de la  séance. Cette danseuse se nomme Nina , danseuse excellente ,plutôt timide et introvertie ,qui n’a qu’un rêve :passer à la postérité ( un peu poussée par une mère débordante d’amour et de passion).Ce rêve va devenir réalité quand le metteur en scène cherche une jeune danseuse pour remplacer la vedette mis à la retraite prématurément (que Nina vénérait) pour le rôle principal  dans « le lac de cygnes « .Hélas , même si elle est excellente pour interpréter le cygne blanc , Nina doit trouver au plus profond d’elle même son coté obscur qui pourra lui faire interpréter le cygne noir …

Nous voila donc plongés dans la métamorphose physique , psychique voire sexuelle de la douce Nina. La nouvelle recrue Lilly va enflammer aussi toutes les émotions de Nina :jalousie , sexe , folie. Petit à petit, Nina perd pied  et on observe cette déchéance sans en comprendre véritablement ou se situe le réel du délire . Les effets visuels d’abord  discret :comme les yeux bougeant sur les dessins ou son image dans les miroirs (qui auront une très grande place dans le film) ,grandissent avec le mal être de Nina jusqu’à un final époustouflant qui aurait pu être ridicule mais qui ,au contraire, nous captive tellement grâce au regard de Nina,  qu’on ne peut se détacher de lui. Oui , elle trouvera bien son cygne noir mais à quel prix? J’ évite de tout vous dire pour que vous puissiez encore prendre plaisir à la découverte de ce film .

Quelle bonne idée d’avoir choisi Natalie Portman ,si douce au départ qui se métamorphose même physiquement au cours du film!Même si avant sa carrière , elle a fait quelques années de danse classique , elle a du s’astreindre à des heures et des heures de répétition qui ont modifié son corps. Ce corps si rachitique , si osseux, ses souffrances endurées  pour atteindre un but et ce regard , omniprésent et tellement envoutant qu’on ne peut se détacher d’elle . L’autre bonne idée du casting était de réunir des actrices si similaires physiquement ce qui trouble encore plus la vision et les effets miroirs  du film …que ce soit Winona Ryder (un peu disparue des écrans depuis quelques années , « Une vie volée », « Alien , la résurrection »)ou Mila Kunlis (aperçue dans « That’s 70 show » ou « Le livre d’Eli »). N’oublions pas non plus Barbara Hershey (« L’emprise » ) en mère fusionnelle et obstinée et Vincent Cassel en metteur en scène intransigeant et dragueur .Bref, ils sont tous au diapason  d’une musique classique omniprésente mais pas envahissante .

Je regretterai simplement une fin trop abrupte et des explications qui auraient mérité d’exister. Darren a réussi à transcender l’univers difficile de la danse classique avec aussi les méandres d’un esprit , prêt à tout pour avoir ce qu’il désire ! J’espère que ce regard va s’emplir de larmes lors de la cérémonie des oscars pour Natalie Portman (qui a trouvé l’amour grâce à son rôle puisque le français chorégraphe Benjamin Millepied sera l’heureux papa du bébé que Natalie attend) et qui sait d’autres statuettes pour Darren ou son équipe. On entre par petits pas  dans le film mais  on ne peut en sortir facilement .Allez ,vous aussi ,plonger votre regard dans celui de Nina .

NOTE : 18/20

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