Zaza Fournier, voila un pseudo original pour une jeune chanteuse mais qui a le mérite de rester en tête une fois entendu. Pour les amoureux de beaux textes, de poésie et d’artistes avec un véritable univers, la musique de Zaza est faite pour vous.

Nous avons discuté ensemble de son album, de ses premières scènes et de l’avenir. J’espère vous donner envie de découvrir cette chanteuse et son album « Zaza Fournier » car pour moi c’est un coup de cœur depuis la première écoute.

Vous venez de sortir votre premier album éponyme et vous le présentez sur scène, comment se passe l’accueil du public ?

 

D’une manière inespérée, c’est-à-dire que je vais de surprises en surprises, c’est pour le moment un développement idéal ou alors je n’entends pas les critiques. Les gens qui viennent vous voir sont des gens qui vous apprécient sinon ils ne viennent pas me voir. J’ai l’impression de rencontrer beaucoup de gens avec qui on se comprend, donc c’est chouette.

 

Sentez-vous que le public est réceptif à votre style musical qui est encore peu répandu en France (surtout l’accompagnement à l’accordéon) ?

 

Quand je fais des concerts pour moi les gens qui viennent connaissent le disque donc c’est vraiment un régal, et ensuite quand c’est des festivals ou des premières parties ça se passe très bien. Moi j’ai vraiment un rapport avec les gens, j’aime leur parler et ne pas donner l’impression que je m’adresse à une espèce de masse. Pour le moment je bénéficie vraiment d’une très jolie écoute.

 

Vous vous produisez seule avec votre accordéon et surtout votre ipod dans lequel se trouve vos compositions, comment vous est venue cette idée originale ?

 

De manière très concrète, quand j’ai commencé dans les bars j’avais forcément mon accordéon et ma voix et je trouvais que ce n’était pas très représentatif de ce que je voulais que ma musique soit, j’avais une idée précise de ce que je voulais. J’ai travaillé avec l’ipod car s’est très pratique et j’avais mes compositions dedans, je trouve que d’une certaine manière ça parle aussi de mon travail car dans l’album il y a autant de boite à rythmes que d’instruments « classiques »

 

Vous avez déclaré que vous auriez aimé faire tous les styles de musique, avez-vous réussi a faire tout ce que vouliez sur cet album ?

 

Oui cet album correspond vraiment à l’album dont je rêvais et que j’avais pensé et même au-delà. Quand je dis que je veux tout faire c’est surtout pour la suite, moi je n’aime pas définir ce que je fais comme musique et je me refuse à le faire car ce n’est pas à moi de le faire. Si je commence à dire je fais ceci ou cela ça va être difficile pour moi de faire autre chose après.  Moi j’essaye surtout de suivre mon instinct et mes envies, peut être qu’un jour je ferais de la soul ou de la country je ne sais pas.

 

Avez-vous eu du mal à « imposer » votre style à la maison de disques ?

 

Pas du tout, la maison de disques a vraiment eu un coup de cœur pour le projet tel qu’il était, on ne m’a rien imposé et au contraire c’était génial. Moi je suis arrivé chez Warner avec quelques à priori en me disant oula c’est une major est-ce vraiment pour moi et au contraire ils ont pris des risques et j’ai été très entourée.

 

Votre premier single « La vie à deux » parle d’une relation de couple compliqué, vous servez-vous d’un côté observatrice pour écrire vos chansons ?

 

Oui d’une certaine manière. Chez moi l’écriture parle vraiment du monde tel que je le vois et des imprévus que parfois on arrive à choper dans la rue. En restant assise dans la rue durant plusieurs heures d’affilées il m’est arrivé de voir des trucs vraiment rigolos, des rencontres improbables et surtout ça a aiguisé mon côté proximité avec les gens. Quand les gens sont à 3 mètres de toi tu vois leurs réactions, parfois ils se mettent à parler, j’essaye de garder un peu ça sur scène et ça me plait de m’adresser aux gens un peu comme je le faisais dans la rue.

 

Je trouve d’ailleurs que le nouveau single « Mademoiselle » est très juste et plein de sensibilité, connaissiez-vous un peu cet univers des travestis avant de l’écrire ?

 

Non, j’ai vraiment écris ça parce que l’acte du travestissement est un acte qui me touche, je trouve qu’il y a beaucoup de poésie dans ce geste là et puis parce que la question du genre m’intéresse. Qu’est ce que c’est que d’être un homme ou une femme, c’est des questions que je me suis posée et ça m’intéresse car aujourd’hui on vous dit un peu comment être une femme pour être vraiment une femme. D’une certaine manière les gens qui se travestissent et qui cherchent des réponses à leurs questionnements c’est des gens vachement libre, c’est faire fît de ce que l’on entend toute la journée. C’est vraiment un truc qui me touche et c’est pour ça que je l’ai écrite.

 

On pense forcément à la chanson d’Aznavour « Comme ils disent », que pensez-vous de ce rapprochement ?

 

Pour être honnête quand j’ai écrit « Mademoiselle » je ne pensais pas du tout à Aznavour car je connaissais mal son travail, c’est quelqu’un qui m’a dit mais est-ce que tu connais cette chanson et j’étais honteuse parce que je ne la connaissais pas. Je l’ai écoutée et réécoutée avec beaucoup d’émotions et en effet je vois un rapprochement et je suis très flattée qu’il puisse y avoir un lien entre ma chanson et la sienne.

 

Il y a aussi  le morceau « baston » sur l’album, dans ce titre vous parlez d’une fille qui aime se battre et qui ne se laisse pas déranger, c’est un peu vous ?

 

Il paraît que je suis une nana assez susceptible, c’est surtout de ça que j’avais envie de parler, répondre notamment à toutes les personnes qui m’ont répétées toute ma vie que j’étais insupportable. C’est une chanson pour m’amuser de ça car c’est vrai que je suis un peu colérique mais toujours pour de bonnes causes, jamais pour être insupportable.

 

Vous reprenez une chanson de quelqu’un que vous appréciez qui est Elvis Presley sur la réédition de l’album, pourquoi le choix de « Love me tender » plutôt qu’une autre ?

 

J’aurai pu reprendre n’importe quelle chanson mais « Love me tender » c’est le slow par excellence, vous savez moi je milite activement pour le retour du slow dans les soirées. « Love me tender » c’était une manière de dire écoutez comme ça n’a pas vieilli, c’est une chanson magnifique, on croit que c’est facile mais c’est très dur à écrire une chanson comme ça, être autant dans l’authenticité. Et je voulais aussi montrer qu’Elvis aurait pu jouer de l’accordéon (rires) car je trouve que c’est un instrument super rock and roll. Pour toutes ces raisons pour moi c’était une évidence que ça pouvait marcher avec cette  chanson.

 

Avec le succès vous passez des petits bars aux scènes de nombreux festivals cet été, une petite appréhension avant les premières dates ?

 

Je suis super excitée car je vais aller dans des festivals dont j’ai toujours entendu parler, ou moi j’ai été spectatrice, donc de me retrouver sur la scène je me dis d’un coup que c’est fou, c’est très agréable de pouvoir être accueillie comme ça, je me dis ça y est c’est ma place. J’arrive à m’amuser sur scène, d’une manière différente. C’est sur devant un public comme ça assez nombreux, je pense qu’on peut quand même rendre ça humain même quand c’est devant 3000 personnes en tout cas je vais essayer. Ca y est vous me mettez le trac (rires)

 

Ce pseudo particulier de Zaza a-t-il une explication ?

 

Non, pas vraiment, c’est-à-dire que j’avais envie d’un nom rock, facile et qui sonne, j’ai pensée à Zizi Jeanmaire en me disant, c’est culotté de s’appeler Zizi pour une nana. Du coup c’était simple, Zozo, Zizi, Zaza, quand j’ai prononcé Zaza ça m’a paru évident

 

Sur INFLUENCE notre habitude est de laisser le mot de la fin à notre invité.

 

Profitons du soleil, en ce moment il revient un peu, essayons de profiter des choses simples

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