Manu Larrouy est un mec à la cool, c’est en tout cas le titre du single que vous pouvez entendre un peu partout. Il a accepté de répondre à mes questions pour cette interview très à la cool et de parler de l’album qui va sortir et que j’ai pu découvrir en exclusivité, nous parlons aussi de ses futures dates de concert où il sera seul sur scène et de son entourage artistique. Bonne lecture à vous.

Pour nos lecteurs qui ne vous connaissent pas, pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre parcours en quelques mots ?

 

Je m’appelle « Manu Larrouy », j’ai la trentaine et je viens de Toulouse. J’ai réellement commencé ma carrière en arrivant à Paris en 2003. J’ai été « découverte des Francofolies », j’ai fait quelques premières parties de -M- et Paris Combo. Puis il y a  bientôt deux ans j’ai écrit « Mec à la cool », cette chanson est  arrivée aux oreilles de Diams, et voilà comment j’ai signé chez Motown!

 

Diam’s est donc votre directrice artistique, quelle genre de directrice est-elle ?

 

Mélanie a réellement mis en place la structure de l’album dans le choix des morceaux et dans certains arrangements. Elle met beaucoup de sincérité dans son écoute, c’est à la fois très constructif et très agréable.

 

Vous proposez un 5 titres actuellement avant la sortie de l’album en juin qui a été réalisé en Angleterre par Mike Pelanconi (qui collabore notamment avec Lilly Allen), comment s’est passé la rencontre et l’envie de travailler ensemble ?

 

Nous cherchions un réalisateur avec les mêmes influences que les miennes, quelque part entre le reggae et la pop. Tout naturellement nous lui avons fait parvenir les maquettes, il nous a répondu dans la journée…j’adore! …C’est un personnage incroyable, il est très à l’écoute, il se met vraiment au service du projet et de l’artiste. Ce fut un bonheur de travailler avec lui.

 

Le premier titre que l’on a pu découvrir c’est « Un mec à la cool », un morceau porté par une mélodie entraînante mais dans laquelle on peux comprendre un message, celui des étiquettes qu’on fait porter aux autres, l’aviez vous pensé de cette manière ?

 

Oui, j’ai écrit « mec à la cool » pour dénoncer un peu ce collage d’étiquette que l’on met parfois, c’est pesant, réducteur et je pense que cela ne nous rend pas meilleur pour autant.

 

Êtes-vous un artiste « engagé » ?

 

Engagé dans le sens politique, sûrement pas! En revanche je  m’engage dans le sens où je mets beaucoup de moi dans mes chansons.

 

Le clip d’ « Un mec à la cool » comprend beaucoup d’incrustation, comment à t-il été tourné ?  

 

En fait il n’y a pas d’incrustations…Ce ne sont que des images réelles! On a tourné dans plusieurs lieux et sur plusieurs jours. Tout est filmé façon documentaire avec une simple camera. Le talent de François Pêcheux a fait le reste…

 

Avez-vous eu besoin d’autorisation pour utiliser des images du festival de Cannes ou des personnalités que l’on aperçoit ?

 

Oui nous avons envoyé le clip à tout le monde…Sans aucun refus. Pendant le tournage j’ai d’ailleurs compris qu’il était très difficile de filmer la réalité. Nous avons du solliciter des accords pour pouvoir tourner lors du meeting du Président par exemple, lors de notre passage à Cannes nous avons fait marcher les réseaux pour facilité nos accès. Ensuite nous avons soumis le clip pour que chaque personne que ce soit Nicolas Sarkozy ou Joey Starr, soit d’accord pour apparaître dans ce clip.

 

De quelle manière François Pecheux, a t-il rejoint votre projet ?

 

Nous nous sommes rencontrés pour le tournage de son documentaire « Bêtes de scène ». C’est un documentaire qui a pour toile de fond les Francofolies de la Rochelle et durant lequel François suivait les destins de trois artistes Cali, Diams et moi-même.

 

Je le conseille, c’est un très beau documentaire qui explique bien les rouages de la musique aujourd’hui. A la suite de ce tournage, nous sommes devenus amis et quand le moment est venu de tourner le clip de Mec à la cool, il nous a semblé évident de travailler ensemble. J’aime beaucoup la fidélité, la notion d’échanges et de famille. On est plus fort en équipe que seul. François est un élément important de mon équipe.

 

Sur cet album se trouve aussi le titre « Carla », c’est un prénom choisi au hasard ?

 

J’ai pris ce prénom pour le jeu de mots « car…la roue tourne ». Si « mec à la cool » est la dernière chanson que j’ai écrite, « Carla » est une des premières. La phrase qui résume parfaitement l’esprit de la chanson est « L’amour est une descente à vélo »…Et cette chanson reçoit un tel écho du public en concert qu’il nous a semblé naturel de proposer cette chanson comme nouveau single.

 

La rythmique de fond sur le morceau « Le cœur gros » fait penser aux îles, c’est un clin d’œil à votre période du service militaire à Nouméa ?

 

J’ai demandé a Oreste Noda le fameux percussionniste de « Ska Cubano » de jouer quelque chose de sanguin (normal pour le coeur gros).Je crois que Oreste est d’origine brésilienne et je suppose que cela se ressent dans son jeu.

 

On peut aussi découvrir une chanson sur Toulouse, elle est venue comme ça ou vous vous étiez dis que vous alliez écrire quelque chose sur votre ville ?

 

C’est la plus vielle chanson de l’album, je l’ai écrite par  nostalgie en arrivant à Paris, un peu pour moi et un peu pour mes copains restés à Toulouse. C’est aussi avec cette chanson que j’ai signé mon premier contrat d’édition chez Warner Chappell, elle se devait donc d’être sur l’album, elle est très symbolique.

 

Pour promouvoir votre album vous avez donné une série de 5 concerts sauvages dans la rue ou dans des petits bars, d’où est venu cette idée et comment était l’accueil du public ?

 

L’idée du « Tour à la cool » est venu avec Bruno Lorenzi du Mouv’. L’idée était d’aller à la rencontre du public dans des lieux insolites, délivrer au dernier moment sur l’antenne de la radio. Nous avons fait le tour de France, il y a eu beaucoup de rencontre et beaucoup de musique. Le petit doc’ de 12mn est à venir, il retrace bien notre « road trip », c’était vraiment un rêve de gosse que de partir sur les routes pour chanter. C’est une façon également de renouer le lien entre l’artiste et le public. A une époque où l’on parle de crise du disque, de téléchargement, je reste persuadé que l’issue viendra avant tout des artistes, de ce que nous proposerons.

 

On peut aussi vous voir sur scène en première partie de chanteurs d’horizon différents, est-ce que la manière d’aborder la salle est la même selon les artistes ?

 

Pour moi c’est la même chose je ne change pas mon set. L’approche est différente si tu fais un concert dans la rue (comme pour le tour à la cool) ou dans une salle, mais je ne change pas selon les chanteurs…c’est le public qui change. Et je dirais que jouer en première partie d’Anaïs, de la Casa ou de Tryo, c’est avant tout une chance et un honneur pour moi, alors avec Pierre Lebourgeois mon violoncelliste, on essaye surtout d’être chaque fois dans la bonne énergie

 

Vous avez déjà des projets pour une vraie tournée seul ou c’est encore trop tôt ?

 

Quand tu démarres, l’important c’est de jouer, d’aller à la rencontre de ton public. J’ai commencé par faire une tournée de café concert à l’automne, et là j’ai enchaîné sur une série de premières parties. C’est une occasion rêvée de jouer dans de belles salles, mes chansons sont taillées pour le « live ». Je travaille d’ailleurs actuellement avec mon violoncelliste et mon batteur car nous avons plusieurs dates en festival cet été, et à l’automne, je serais sur les routes avec mes musiciens tout seul comme un grand!

 

Y’a-t-il des artistes qui vous ont donné envie de faire ce métier et si oui lesquels ?

 

Des chansons surtout, Téléphone, Renaud, Souchon, U2…oui il y en a beaucoup, j’aime la musique!

 

Vous avez déjà eu l’occasion d’écrire pour d’autres avec le titre « La pompe à Diesel » pour Maya Barsony, est-ce un exercice que vous appréciez ?

 

Oui je renouvellerai l’expérience, cela permet de se prendre pour quelqu’un d’autre le temps d’une chanson, un sorte de jeu…d’acteur.

 

Dans la chanson « Carla » vous lui dîtes de ne pas se retourner, si vous deviez déjà vous retourner et faire un premier bilan de votre parcours, qu’en diriez vous ?

 

C’est un peu tôt…l’album sort le 8 juin.

 

Avoir autant de collaborations, comme Mike ou François Pecheux par exemple, dès le premier album, ça monte à la tête ?

 

Ces rencontres c’est un peu ma famille, les gens que j’aime avant tout. Le fait qu’ils aient du talent ne veut pas dire que j’en ai, j’ai encore à faire mes preuves mais j’avoue que je suis fier d’avoir travaillé avec eux. Ma fierté aujourd’hui c’est tous les messages que je reçois via Internet, de voir des gens se déplacer sur les concerts sauvages que l’on a pu faire, ça c’est un grand truc. On a beau faire des chansons, on n’est pas grand chose sans public. Internet a révolutionné le rapport artiste/auditeur, c’est fantastique d’avoir un retour quasi immédiat du public, il y a une sorte d’intimité qui se noue. Ça m’envoie une énergie de dingue, quand chaque jour je lis les commentaires, je me dis que ça vaut la peine d’écrire des chansons.

 

Pour terminer, comme le veut notre tradition nous allons vous laisser « le dernier mot » qui est aussi le titre d’une de vos chansons.

 

Le dernier mot comme premier mot d’une histoire qui débute et qui changera des choses pour moi, comme pour d’autre…en bien je l’espère.

 

 

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