Berry est une artiste qu’on ne peut ignorer aujourd’hui car ses mélodies trottent dans la tête et les clips diffusés sur toutes les chaînes sont très esthétiques. Son 1er album « Mademoiselle » s’est déjà vendu à plus de 45 000 exemplaires ce qui a permis à Berry de faire une jolie tournée avec déjà une halte à la Cigale en septembre dernier. Elle sera sur la scène de l’Olympia le 12 mai et avant cette occasion nous avons parlé de son album, de son périple à l’autre bout du monde et ce fameux concert parisien.

http://www.myspace.com/casadeberry le myspace ou vous pourrez écouter les 2 singles « Mademoiselle » et « Le bonheur » ainsi que le fameux duo avec Daniel Darc.

Vous êtes actuellement en tournée suite à la sortie de votre album « Mademoiselle », vous connaissiez déjà le fait d’être face au public avec le théâtre, est-ce la même sensation sur scène ?

 

Non c’est très différent, déjà le fait que ce soit ses propres textes, c’est tout de suite une autre implication, il n’y a pas la mise en scène, le costume etc. On se sent plus tout nue.

 

Vous aviez déjà fait aussi des premières parties de Michel Delpech et d’Abd Al Malik, le public est un peu diffèrent entre eux, l’abordiez vous de la même manière ?

 

Oui car en fait c’est un peu à ça que servent les premières parties, apprendre à savoir exactement ce qu’on vient proposer comme spectacle. Il ne faut pas le changer en fonction des gens, c’est vrai que c’est tentant de se dire « tient ils vont préféré ci ou ça » mais l’idée c’est de ne pas juger le public et de faire ce qu’on sait et ce qu’on aime faire. Même si ça ne touche que 3 personnes, avec elles ça sera un vrai échange

 

Il y a beaucoup de choses à dire sur cet album, commençons par le premier single « mademoiselle », vous évoquez une femme qui à des secrets, des regrets, et une foule de questions entre autres, cette mademoiselle c’est un peu vous ?

 

Oui c’est autobiographique mais je pense que c’est aussi le parcours de pleins de femmes, on arrive à la trentaine et on est un peu faite de tout ce qui nous est arrivé avant, c’est une chanson un peu polaroïd, état des lieux d’une femme de 30 ans.

 

Dès la première chanson, et jusqu’à la fin de l’album, ce qui ressors c’est votre travail d’écriture avec beaucoup de rimes, des jeux de mots, comment travaillez vous vos textes ?

 

J’ai travaillé mes textes beaucoup avec la musique, c’est-à-dire que j’ai vraiment essayer que ce ne soit pas des poèmes mais vraiment des chansons qui collent avec la mélodie. J’ai travaillé beaucoup toute seule à mon rythme, le matin à faire et refaire avec la musique, une fois l’inspiration là il fallait vraiment ciseler les mots pour qu’ils se mélangent parfaitement.

 

Ca me fait penser aux textes de quelqu’un que j’aime beaucoup qui est Mc Solaar, cela vous convient comme ressemblance ?

 

En fait ça me va très bien le jeu des ressemblances, à chaque fois on me demande si ça me gène et moi je suis plutôt flattée, je trouve ça plutôt bien que les gens y voient des repères, on essaye toujours de voir à quelle famille ça ressemble. Moi ça me va bien j’aime beaucoup son travail à Mc Solaar, c’est bien écrit et bien construit

 

 Sur cet album il y a la chanson « Le bonheur » ou vous dîtes de ne pas en avoir peur, c’est votre cas devant le joli succès que vous avez depuis la sortie ?

 

Peut-être bien par moments (rires). Ce qui est sur c’est que c’est très doux et ça c’est fait par étape. D’abord j’ai commencé il y a 1 an et demi les premières parties, ça a toujours été accompagné de scène, de musiciens, je ne suis pas seule dans cette aventure donc c’est plus doux. Je suis bien entourée.

 

On peux y retrouver aussi une chanson en anglais « Love affair », pourquoi ce choix ?

En fait déjà je ne pensait pas que ça deviendrais un album donc j’écrits des textes, certains sont graves ou mélancoliques et je suis comme tout le monde au bout d’un moment j’ai envie de chanter un truc plus léger donc je l’ai faite pour moi et voila c’est venu en anglais. C’était plus pop et vraiment pas une mélodie qui se prêtait au Français, le rythme appelait des mots en anglais et je ne me suis pas censuré.

 

Vous faîtes également 2 reprises sur la version collector de l’album, pourquoi ses choix de « La tendresse » de Bourvil et de « Capri » d’Hervé Vilard ?

 

Bourvil c’est parce que c’est vraiment une chanson de mon enfance qui m’accompagne beaucoup, que j’écoute souvent et que j’ai régulièrement dans la tête donc j’avais envie  de la partager. En fait ces 2 chansons je les fait sur scène et c’est ce qui les amenées sur le disque lors de la ré édition. Et puis « Capri c’est fini » c’est un peu une chanson dont on se moquait à ma génération mais qui était ultra connue, un soir on l’a refaite par hasard pour rigoler et on à trouver ça super donc on à eu envie de la refaire sur scène. On l’a arrangée, ré harmonisé, et faite à notre sauce.

 

La pochette et le livret de l’album sont très travaillé, vous avez sorti ensuite une version collector, vous êtes vous impliquée dans ce travail ?

 

Oui beaucoup, quand j’ai eu la chance d’avoir le droit de le refaire j‘ai vraiment pris ça comme un cadeau, c’est moi qui ai insisté pour mettre 4 titres en bonus et pas seulement un. J’avais envie que ce soit un bel objet car il faut vraiment que ce soit un plus si on refait un en version limité, même si je m’était aussi impliquée dans la première version. On n’avait pas les moyens de faire mieux qu’un boîtier cristal mais après j’ai trouvé ça beau le tissu et j’ai profité d’utiliser les nouveaux moyens qu’on m’avais donné pour que ce soit le plus beau possible.

 

Et est une manière de contourner les téléchargements ?

 

Il n’y a pas à les contourner, les téléchargements c’est comme ça, il y a aussi les payants qui existent. Mais je pense qu’il y aura toujours des gens qui ont envie d’un objet, il faut que l’objet soit beau pour le garder chez soi, qu’on ai envie de le faire partager, c’est sur qu’il faut qu’il y a ai un plus dans les supports physiques. Aujourd’hui on a aussi accès à la musique immédiatement et gratuitement comme sur deezer, c’est un autre mode de consommation de la musique et c’est bien, c’est aussi une façon de se faire découvrir. Moi je suis ravie qu’il y ait des gens qui m’ont découvert en me téléchargeant, il y en a peut être qui après ont eu envie d’acheter l’album. C’est compliqué il faudrait lutter contre les téléchargements gratuits, que les gens comprennent que c’est un travail et en même temps on est obligé de faire avec ça donc il faut proposer des objets qui sont beaux avec des vrais plus dessus.

 

Il y a peu vous avez eu l’opportunité de présenter votre travail à Taiwan et à Séoul, comment avez-vous été amené à faire ça ?

 

C’est eux qui m’ont contacté, tu imagine la surprise, peut être d’ailleurs justement grâce à Internet, ils ont commencé à en parler sur des blogs, à voir que ça intéressait des gens et ils nous ont invité. C’était extraordinaire d’aller là bas et de ce rendre compte que les gens connaissaient les paroles, c’était surréaliste d’imaginer qu’ils aiment le français et mes chansons. J’ai adoré faire ça.

 

Et comment s’est passé l’accueil et la rencontre avec un public qu’on dit souvent distant ou peu expressif ?

 

Alors en fait c’est différent du Japon, on m’a dit ça du Japon, c’est pas qu’ils sont froid c’est que ce n’est pas dans leur code. A Taiwan et en Corée du sud ils sont au contraire très exaltés, ils crient  beaucoup, ils chantent mais sont très respectueux des codes. Par exemple pour les séances de dédicaces ils sont très calme, ils attendent chacun leurs tours, mais ce n’est pas du tout froid. C’est un plaisir ils montrent vraiment qu’ils apprécient, ils font des cadeaux, j’ai beaucoup de lettres en Français ou ils essayent d’écrire ce qu’ils ont envie de dire c’est un public chaleureux.

 

En France, vous vous produirez à l’Olympia le 12 mai, est un soir que vous appréhendez particulièrement ou pour vous c’est un concert comme un autre ?

 

Non ça fait peur (rires). On voudrait que ce soit un soir comme un autre mais ça ne l’est pas vraiment, d’abord on ré arrange les titres, il y aura des surprises, des invités. Et puis il y la mythe de l’Olympia, c’est toujours une blague, tient si on était à l’Olympia et là on y est vraiment. Il y a un côté irréel, c’est très troublant.

 

Vous parlez de surprise, on pourrais en avoir une en avant première ?

 

Oui je peux vous dire que mon invité chéri et préféré sera là c’est-à-dire Daniel Darc avec qui j’ai fait le duo sur l’album sur « La chanson d’Hélène ».

 

Vous êtes encore en tournée mais pensez vous déjà à la suite et à un prochain album ou vous laissez faire les choses pour le moment ?

 

Oui j’y pense, c’est-à-dire que j’écrits toujours, le processus d’écriture ne s’arrête pas, il y a des moments quand j’écrits je me dit tient ça, ça pourrait peut être faire une chanson. Je n’ai pas pris le temps de poser tout ça car j’ai besoin de calme, de campagne pour le faire donc ça sera cet été, j’espère bien prendre un peu de temps entre les concerts pour me reposer à la campagne.

 

Nous allons d’ailleurs vous laissez faire quelque chose car notre tradition veut que nous laissions le mot de la fin à notre invité.

 

J’ai relu il y a 2 jours un truc de Desproges qui disait « aimons nous vivant », c’est la phrase que j’ai dans la tête depuis 2 jours.

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