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Après la diffusion sur le Net de son dernier clip Stress, le duo électro français Justice a tenté d’appaiser les passions nées auprès des trop bien-pensants. Le groupe a tenu à souligner qu’il n’était pas dans son intention d’inciter à la haine ni à la violence, ni au racisme, mais justement « d’ouvrir le débat, de susciter des questions (…) ». Ce qui semble avoir fonctionné mais de manière inattendue avec des réactions violentes de la part des médias et autres.

Ne voulant précisément pas imposer la vision de ce clip à qui que ce soit, ses auteurs ont choisi de le diffuser via Internet et non via la télévision. « Nous étions conscients que le clip était sujet à controverse. Nous n’imaginions pas un instant que le débat irait si loin, que nous nous retrouverions à devoir nous justifier sur des sujets aussi graves » comme le racisme ou l’incitation à la violence. Xavier de Rosnay et Gaspard Augé, les deux justiciers, ont tenu à affirmer que « ce film n’a jamais été envisagé comme une stigmatisation de la banlieue, comme une incitation à la violence ou, surtout, comme un moyen larvé de véhiculer un message raciste ». C’est un clip, une oeuvre artistique qui certes pousse le débat assez loin et semble quelque peu être le reflet réel de nos sociétés d’aujourd’hui.

Il semble que la société ne se soit pas encore décidée à arrêter de rejetter sur ses artistes et sur les jeux vidéos (les habituels boucs émissaires) le poids de toutes les responsabilités qu’elle refuse elle-même d’assumer. Comme d’habitude, montrer des actes violents est considéré plus grave que de laisser s’installer les conditions qui permettent à cette violence de s’imposer comme seul moyen de se faire entendre chez de nombreux laissés-pour-compte.

Et, plus grave encore, en jouant la carte de l’angélisme ou en se contentant de punir sans éduquer, la société toute entière risque fort de susciter un sentiment d’impunité chez des délinquants impunis ou considérant la punition comme une fierté. Ce qui ne manquera pas de pousser une partie de la population à s’armer et à se réunir en milices d’autodéfense. Ce sont là les premiers signes de la fin de l’État de droit. Mais il y a fort à parier qu’on est très loin de la fin de Justice, qui a réussi à se faire une publicité monstre sans promo, sans passage télé, en faisant quelque chose à la portée de tout un chacun: poster une vidéo sur le Net et ainsi créer un nouveau buzz.

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